J’ai présenté cette pièce pour mes bilans :
Lorsque une personne emprunte ce couloir, elle se retrouve face un écran blanc.
Elle pense qu’elle va assister à une projection vidéo, hors c’est elle-même qui apparaît sur l’écran… Elle peut se découvrir par le biais d’un portrait de face, en plongée et de faible qualité,
telles les images de caméra de surveillance :
Ou par le biais d’une vidéo : la seconde Webcam étant disposée dans le dos de la personne, celle-ci voit d’abord quelqu’un de dos, et en bougeant,
elle constate que les gestes du personnage sont semblables aux siens et qu’il s’agit en l’occurrence d’elle-même…
Ce dispositif est en fait composé de deux Webcams, un vidéo projecteur, un capteur infrarouge et un ordinateur qui contrôle tous les équipements énumérés
avant, grâce au logiciel Pure Data.
Cette pièce a été avant tout un exercice pour moi. C’était un essai pour apprendre plus en détails à contrôler le logiciel Pure Data qui n’est pas toujours facile à appréhender…
Voici à quoi ressemble les commandes de pour cette programmation :
En fait lorsqu’une personne passe devant le capteur, celui-ci déclenche le programme, qui active neuf fois sur dix la Webcam qui prend la photo, sinon celle qui produit la vidéo.
Ce dispositif devait questionner sur la place d’un corps dans l’espace. En effet, la personne prise en photo ou filmée, est introduite dans un espace bi-dimensionnel nouveau, qui est délimité par le cadre de l’image projetée.
Cette pièce pose aussi la question de la perception du dispositif par le spectateur, car c’est seulement après s’être retrouvée face à elle-même, que la personne présente dans la pièce découvre l’existence des webcams. Sinon, c’est un détail auquel personne ne prêterait attention. Les Webcams sont telles des caméras de surveillance, comme nous pouvons en trouver dans nos rues. Sauf qu’ici, le phénomène est amplifié par le fait que nous sommes dans un espace confiné.
D’ailleurs l’expérience est troublante et met souvent mal à l’aise la personne qui l’expérimente. Le fait de se retrouver face à son propre corps et d’être
observé par soi-même provoque un trouble sensoriel où l’appréhension de l’espace est mise à mal. D’autres, au contraire, habitués sans doute par la masse d’images qui
nous entourent, étaient ravis d’être le sujet de la pièce et jouaient avec les Webcams…
Dans tout les cas, on ne peut pas dire de ma pièce que c’est un élément fini : en effet beaucoup d’artistes des années 70 ont déjà fait le tour de ce sujet (Bruce Nauman, Dan Graham…) et je
n’ai pas apporté beaucoup de nouveautés. Il faut vraiment le prendre comme un exercice qui m’emmènera sûrement plus loin par la suite. Déjà, après réflexion, je ne pense pas qu’une si grande
pièce soit utile. Un simple écran encadré, tel un tableau dans un musée, aurait largement suffi. Les personnes auraient alors été le sujet du tableau. Il n’y aurait eu qu’une seule Webcam :
celle qui prend les photos de face.
Sur les murs extérieurs de ma pièce étaient installés deux caissons lumineux, qui présentaient des photographies.
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