Mercredi 17 septembre 2008
L'idée est née d'une tradition particulière, découverte à Portsmouth. Lorsque nous nous promenons dans cette ville, notamment sur
les bords de mer, une chose attire particulièrement notre regard. Il s'agit des bancs. Nous pouvons découvrir côte à côte un banc détérioré par le temps passé et un banc à la pointe du design. Aux
endroits où la vue est particulièrement splendide, nous pouvons observer des multitudes de bancs, contrairement à d'autres lieux, où ils sont presque absents. Ceci vient du fait que les
particuliers peuvent contribuer à l'achat d'un banc public. En contrepartie, ils choisissent l'endroit où ils souhaitent placer le banc, et fixent une plaque dessus, mentionnant un souvenir passé à
cet endroit ou simplement un hommage à quelqu'un. Ce qui m'a interpelé, c'est cette rencontre de la sphère privée avec la sphère publique, et comment des inconnus, en s'asseyant sur un des bancs,
pouvaient revivre au même endroit, le même moment que les personnes propriétaires du banc en question.
De retour à l'école, j'ai voulu adapter cette habitude culturelle à Bourges. J'ai demandé à Malika, une autre élève de ma
promotion, de collaborer avec moi pour monter ce projet. Elle a accceptée, l'aventure pouvait commencer! Très vite, l'idée d'inscrire les souvenirs des Berruyers dans l'espace public s'est imposée.
Dans un premier temps, nous voulions retranscrire ces moments privés sur des autocollants reprenant la forme des plaques des bancs de Portsmouth. Le souci est que les autocollants sont souvent
associés à un acte de dégradation de l'espace public. De plus, c'est un support sur lequel nous n'aurions eu aucun contrôle: chacun aurait pu le coller où bon lui semblait, au risque que le projet
soit plus associé à du vandalisme, qu'à un acte poétique...
Pour que ce projet soit plus visible, nous avons dû abandonner l'intention de marquer les souvenirs sur les lieux où ils ont
été vécus. Pour éviter de les disperser ainsi dans toute la ville, nous avons choisi de nous concentrer sur un lieu précis: le jardin de l'archevêché. C'est en effet un parc situé en plein coeur
du centre-ville, où chacun des berruyers a déambulé au moins une fois.
Une autre question s'est ensuite posée: Comment inviter les gens à participer à ce projet? Nous n'étions sûres que d'une chose,
c'était de prendre le temps rencontrer les habitants de Bourges et de dialoguer avec eux. Or, il était impossible de tous les rencontrer ... Dans un premier temps, nous avions donc choisi de nous
resteindre à envoyer une lettre à toutes les maisons portant le numéro 6 . Pourquoi ce numéro? Peut-être tout simplement parce que nous sommes arrivée à Bourges en 2006... Mais cette idée n'était
pas très convaincante et plutôt dure à justifier. Nous avons jugé plus subtil de les rencontrer au hasard des évènements berruyers ou au sein du lieu même où "rendez-vous au jardin" allait se
dérouler. Pour inclure ceux d'entre eux qui n'habitent pas le centre-ville et qui n'ont pas forcément de facilités pour se déplacer, nous avons décidé de faire contribuer un quartier de la
périphérie de Bourges. Il s'agit du quartier de la Chancellerie. Une lettre a été envoyé aux habitants d'une des tours pour les informer
du projet.
Il ne restait donc plus qu'un dernier détail à régler, et pas des moindres: Sur quel support imprimer les souvenirs? Pour
correspondre à l'environnement où nous allions nous installer, à l'idée du jardin, du printemps...etc... nous avons pensé reprendre le modèle des étiquettes botaniques indiquant le nom des
plantes au jardin de l'archevêché. En inscrivant les souvenirs sur ces étiquettes et en les regroupant, cela pouvait représenter la forme d'une plantation collective. Nous avions d'abord pensé
planter les étiquettes dans l'herbe, pour donner une image de souvenirs qui germent, prêt à éclore ensemble. Mais techniquement cela n'aurait pas été très simple pour les personnes de se baisser
pour lire les souvenirs.
Accrocher les étiquettes dans les branches d'un arbre, à hauteur des yeux, apparaîssait alors comme la meilleure des
solutions! Vous savez maintenant tout sur l'histoire de ce projet... Si vousvoulez en savoir encore plus, vous pouvez visitez le site du projet: http://rdv-au-jardin.syntone.org
Par cécile
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Publié dans : projet 2ème année
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